Déduction des intérêts passifs après la votation du 28 septembre 2025

Déduction des intérêts passifs

La déduction des intérêts a changé de statut en Suisse après la votation du 28 septembre 2025. Le principe est désormais clair: la déduction des intérêts passifs privés doit disparaître pour la majorité des contribuables, avec une entrée en vigueur au plus tôt en 2028. Cette réforme découle du nouveau système lié à la suppression de la valeur locative. Pour les ménages suisses, l’enjeu est très concret. Un crédit privé, un solde de carte ou un prêt familial pourrait coûter réellement plus cher demain. Il faut donc comprendre le cadre légal, puis mesurer l’impact sur le budget.

Déduction des intérêts après la votation du 28 septembre 2025 : ce qui change en Suisse

Avant la réforme, le système suisse reposait sur un équilibre connu. La valeur locative était imposée. En contrepartie, certains intérêts passifs et certains frais pouvaient être déduits. Ce mécanisme concernait surtout l’immobilier, mais pas uniquement.

Après la votation de 2025, le principe bascule. La suppression de la valeur locative s’accompagne de la suppression de la déduction des intérêts passifs privés. Autrement dit, l’ancien échange fiscal disparaît. Cela vaut au niveau suisse, même si le calendrier précis dépend encore de la mise en œuvre.

Il faut donc distinguer deux étapes. D’abord, la réforme constitutionnelle a été acceptée. Ensuite, son application effective interviendra plus tard. Cette nuance compte pour les décisions de crédit prises entre 2026 et 2027.

Quels crédits restent concernés par la fin de la déduction des intérêts

La réforme ne vise pas seulement les hypothèques. Elle touche plus largement les intérêts passifs privés. C’est le point que beaucoup de lecteurs sous-estiment encore.

  • Prêt personnel ou crédit privé : les intérêts payés ne devraient plus être déductibles.
  • Solde débiteur de carte de crédit : même logique, si vous reportez un solde.
  • Découvert bancaire : les intérêts de découvert sont aussi concernés.
  • Crédit lombard : il entre dans le champ des intérêts passifs privés.
  • Prêt entre particuliers ou prêt familial : l’avantage fiscal implicite disparaît aussi.

Beaucoup pensent encore que seuls les crédits liés au logement sont visés. En réalité, la fin de la déduction des intérêts concerne aussi des financements du quotidien ou de trésorerie.

Ce qui ne disparaît pas avec la réforme

La réforme ne supprime pas tout. D’abord, il faut distinguer la déduction des intérêts de la déduction des dettes pour l’impôt sur la fortune. Cette dernière logique ne disparaît pas automatiquement.

Ensuite, les intérêts actifs restent imposables chez le prêteur. Un proche qui perçoit des intérêts sur un prêt familial doit donc continuer à les déclarer selon les règles applicables.

La LCC ne change pas non plus. Les règles suisses de protection du consommateur, de solvabilité et d’encadrement du crédit à la consommation restent en place. Le contrôle du risque et les vérifications usuelles demeurent donc essentiels.

Enfin, il ne faut pas confondre crédit et leasing. Le leasing ne fonctionne pas sur la même logique fiscale. Il n’est donc pas touché de la même manière par la fin de la déduction des intérêts passifs.

Les exceptions à connaître pour les contribuables suisses

La réforme n’est pas uniforme. Deux exceptions doivent être connues. La première concerne les primo-acquéreurs d’une résidence principale. La seconde vise les propriétaires d’immeubles de rendement.

Ces cas restent toutefois spécifiques. Ils ne doivent pas brouiller la lecture d’un locataire avec un crédit privé ou d’un ménage avec un prêt personnel. Pour ces profils, les exceptions offrent rarement une protection utile.

Il faut donc éviter une conclusion trop rapide. Les exceptions à la déduction des intérêts concernent surtout certaines situations immobilières, pas les crédits privés ordinaires.

À partir de quand la déduction des intérêts disparaît réellement

La disparition ne s’applique pas immédiatement. Une période transitoire existe. L’entrée en vigueur est annoncée au plus tôt en 2028. D’ici là, les crédits déjà en cours continuent à évoluer dans le cadre actuel.

Cette fenêtre est stratégique. Les années 2026 et 2027 peuvent servir à comparer des offres, refinancer un prêt, ou revoir une dette coûteuse. Attendre le dernier moment peut réduire les marges de manœuvre.

En Suisse, la période transitoire avant l’entrée en vigueur de la réforme est un moment stratégique pour comparer un refinancement, réduire une dette coûteuse et replacer le taux au centre de toute décision de crédit privé.

Pourquoi le coût réel du crédit va augmenter pour de nombreux ménages

Jusqu’ici, certains emprunteurs raisonnaient en coût net après impôt. Demain, ce raisonnement perdra de sa valeur. Sans déduction des intérêts, le coût réel du crédit se rapprochera du coût nominal payé à la banque ou au prêteur.

L’effet sera plus visible chez les ménages qui déduisaient effectivement leurs intérêts. L’impact variera selon le canton, le revenu imposable et le type de crédit. Les prêts personnels, les soldes de carte et certains prêts entre proches seront souvent les plus sensibles.

Profils les plus exposés au renchérissement réel

  • Locataire avec crédit privé en cours.
  • Ménage qui reporte des soldes de carte de crédit.
  • Emprunteur avec prêt familial rémunéré.
  • Propriétaire non bailleur qui pensait conserver un avantage fiscal large.
  • Indépendant ou retraité avec une structure de dettes sensible à l’impôt.

Déduction des intérêts : exemples chiffrés avant et après la réforme

La fin de la déduction des intérêts ne se mesure pas seulement en théorie : elle se traduit par un surcoût bien réel sur chaque franc emprunté. Voici trois cas types calculés selon les conditions de marché 2026 et les taux d’imposition moyens en Suisse, pour rendre l’impact tangible.

Cas n°1 : prêt personnel de 20’000 CHF sur 48 mois

Hypothèse : taux d’intérêt annuel effectif de 8,9%, mensualités constantes d’environ 497 CHF. Le total des intérêts versés sur 4 ans s’élève à 3’842 CHF.

SituationÉconomie d’impôtCoût réel des intérêtsÉcart
Avant réforme (taux marginal 25%)960 CHF2’882 CHFréférence
Après réforme (toute tranche)0 CHF3’842 CHF+960 CHF (+33%)

L’ampleur de la perte dépend fortement du canton de domicile, puisque les taux marginaux d’imposition varient considérablement d’une région à l’autre.

Profil cantonalTaux marginal estiméÉconomie de déduction perdue
Zoug, Schwyz, Nidwald (fiscalité basse)~22%−845 CHF
Vaud, Berne, Fribourg (médian)~30%−1’153 CHF
Genève, Neuchâtel, Bâle-Ville (élevé)~38%−1’460 CHF

Cas n°2 : solde de carte de crédit de 5’000 CHF sur un an

Hypothèse : taux maximal légal applicable aux cartes de crédit en 2026, soit 12% (plafond fixé par l’ordonnance LCC).

SituationIntérêts annuelsÉconomie d’impôtCoût réel
Avant réforme (marginal 25%)600 CHF150 CHF450 CHF
Après réforme600 CHF0 CHF600 CHF (+33%)

Le report de solde, déjà l’un des modes de financement les plus coûteux de Suisse, perd son dernier amortisseur fiscal. Pour un emprunteur dans un canton à fiscalité élevée (marginal 38%), le surcoût annuel atteint 228 CHF par tranche de 5’000 CHF de solde reporté.

Cas n°3 : prêt familial entre les conjoints de 15’000 CHF sur 5 ans à 2,5%

Hypothèse : remboursement amortissable, intérêts totaux d’environ 967 CHF sur la durée. Particularité du prêt entre proches : la déduction des intérêts agissait aux deux extrémités de la relation.

PositionAvant réformeAprès réforme
Emprunteur — déduction des intérêts versés (marginal 25%)−242 CHF d’impôt0
Prêteur — imposition des intérêts perçus (marginal 25%)+242 CHF d’impôt+242 CHF d’impôt
Solde fiscal au niveau du ménage élargi0 (neutre)+242 CHF de charge

Tant que l’emprunteur déduisait ce que le prêteur déclarait, l’opération restait fiscalement neutre à l’échelle de la famille. Avec la réforme, l’asymétrie devient permanente : les intérêts perçus restent imposables chez le prêteur (art. 20 al. 1 let. a LIFD), mais ne génèrent plus aucune déduction chez l’emprunteur. Le prêt entre proches devient ainsi mécaniquement plus coûteux pour le foyer global, ce qui pourrait inciter à privilégier soit la donation, soit l’avance sur héritage non rémunérée.

Lecture transversale : combien coûte la fin de la déduction ?

Type de créditSurcoût réel moyen (marginal 25%)Surcoût en canton à fiscalité élevée (38%)
Prêt personnel 20’000 CHF / 48 mois+960 CHF+1’460 CHF
Solde carte 5’000 CHF / 1 an+150 CHF+228 CHF
Prêt familial 15’000 CHF / 5 ans+242 CHF (foyer)+367 CHF (foyer)

Le constat est uniforme : la suppression de la déduction des intérêts représente entre 20% et 38% de surcoût réel sur le total des intérêts payés, selon le canton de domicile et le revenu de l’emprunteur. Plus l’imposition marginale est élevée, plus l’impact de la réforme est marqué. Un effet qui pénalise paradoxalement davantage les ménages des cantons romands et urbains à forte fiscalité que ceux des cantons alémaniques à fiscalité douce.

Le taux effectif devient le repère central pour comparer un crédit

Après la fin de l’avantage fiscal, le taux devient le meilleur repère pratique. Il permet de lire le coût annuel effectif, et pas seulement un taux d’appel. C’est essentiel pour comparer des offres de crédit en Suisse.

Avec la disparition progressive de la déduction des intérêts passifs privés, un crédit ne devra plus être évalué sur un avantage fiscal supposé, mais sur son coût réel, sa durée et sa capacité à rester supportable dans le budget du ménage.

Il faut aussi regarder le coût total. Une mensualité plus basse peut cacher une durée plus longue et une facture finale plus lourde. Les frais, l’assurance éventuelle et les conditions de remboursement comptent aussi. Dans ce nouveau contexte, comparer sur une base brute et neutre devient la bonne méthode.

Que faire dès maintenant avant 2028 :

  • Vérifier si votre crédit actuel repose sur un avantage fiscal qui va disparaître.
  • Étudier un refinancement si le taux reste élevé.
  • Évaluer un remboursement anticipé si le coût total devient trop lourd.
  • Comparer les offres selon le taux et le montant total restant dû.
  • Revoir l’arbitrage entre crédit, leasing ou report d’achat.
  • Réexaminer les prêts entre particuliers sans biais fiscal.

Plus le coût du crédit est élevé, plus une comparaison rapide peut devenir utile. Dans certains cas, attendre 2028 peut coûter plus cher que prévu.

Et comment anticiper le renchérissement réel de son crédit :

Pour anticiper correctement la fin de la déduction des intérêts, il faut simuler sa situation réelle. Le bon calcul dépend du montant emprunté, de la durée, du taux et du profil fiscal. Le canton peut aussi changer le résultat.

Un accompagnement expert aide alors à arbitrer sereinement. Il permet de comparer un refinancement, un remboursement partiel ou la recherche d’un meilleur taux effectif. C’est précisément l’approche utile pour comprendre aujourd’hui et décider avant 2028. Dans cette logique, Lica peut aider les emprunteurs suisses à chiffrer le vrai renchérissement de leur crédit et à choisir la solution la plus rationnelle.

Notre conclusion sur la déduction des intérêts dès janvier 2028

La déduction des intérêts passifs privés doit disparaître pour la majorité des contribuables suisses. Le changement ne prendra effet qu’au plus tôt en 2028, mais la phase d’anticipation commence déjà. Désormais, le taux et le coût réel deviennent les repères clés. Pour beaucoup de ménages, le vrai sujet n’est plus seulement fiscal. Il est aussi budgétaire et décisionnel. Mieux vaut donc mesurer son exposition dès maintenant et arbitrer avant l’entrée en vigueur.

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